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Intégrer l’IA dans ses pratiques pédagogiques : des référents handicap l’ont déjà adoptée et vous en parlent
Interview de Sabine Vandomme, responsable administrative et financière à la BGE Hauts-de-France, référente handicap régionale et en charge de la démarche Progrès Accessibilité de la BGE Hauts-de-France.
L’intelligence artificielle s’est invitée dans vos pratiques. Comment vous en êtes-vous saisie en tant que référente handicap ?
SABINE VANDOMME : L’IA permet d’adapter rapidement les supports pédagogiques : reformulation de propos parfois complexes, simplification, modification vers des formats plus courts, plus lisibles et plus compréhensibles, en un temps record ! Le temps gagné est consacré à l’apprenant lui-même, dans le cadre d’un accompagnement individuel.
Ce sont d’abord nos collaborateurs spécialisés dans le domaine du numérique qui ont identifié son potentiel, notamment pour les apprenants neuroatypiques. Cette année, notre direction a lancé un vaste plan d’adoption de l’IA qui a déjà un impact sur l’accessibilité de nos formations.
Concrètement, quels usages en faites-vous ?
SV : Comme évoqué précédemment, l’usage de l’intelligence artificielle améliore l’accompagnement que nous proposons aux créateurs d’entreprise, en levant certaines difficultés d’apprentissage et de compréhension de notions complexes. Parmi nos pratiques, je peux citer la reformulation de textes en langage FALC, la proposition de pistes d’action pour améliorer une situation, la structuration et la rédaction d’un projet, la transformation d’exercices pour les adapter à tous les niveaux, ou encore la simplification d’un discours pour en améliorer la compréhension. Il est parfois difficile de faire un pas de côté face à un contenu, une méthode ou une pédagogie rôdée depuis des années. L’IA propose une solution pour aborder les notions sous un autre angle ou de manière plus succincte.
Côté outils, nous privilégions l’utilisation de ChatGPT, Copilot et Gemini. Selon les situations, nous pouvons également intégrer d’autres outils :
- Gamma pour la création de diaporamas visuels à partir d’un texte ou d’une idée ;
- Perplexity pour répondre aux questions, faire de la veille et des recherches, et travailler la partie rédaction ;
- Midjourney pour générer des images et créer des visuels ;
- Claude pour aider à la rédaction et à la recherche ;
- NotebookLM pour aider à la structuration, synthétiser et générer des résumés.
Avez-vous identifié des limites ou des points de vigilance dans l’utilisation de l’IA, au service de l’accessibilité de vos formations ?
SV : Il ne faut bien sûr pas faire aveuglément confiance aux propositions générées par l’IA et il faut vérifier la fiabilité des contenus. Elle peut faire des erreurs et donner des informations fausses ou biaisées. Il est essentiel de préserver son esprit critique, de savoir remettre en question les résultats et de continuer à proposer un accompagnement individuel et personnalisé.
Nous traitons également des données sensibles que nous devons protéger. À ce titre, le réseau national de la BGE a mis en place un outil interne sur les études de marché, qui fonctionne sans transmission d’informations.
L’IA peut être un moteur en matière d’apprentissage, et nous ressentons ce côté galvanisant chez les apprenants qui rencontrent moins de difficultés. Mais attention à ne pas devenir dépendants de l’IA. Il faut apprendre à maîtriser l’outil en évitant un usage excessif. L’IA n’a pas vocation à remplacer l’humain.
Quels sont les retours des apprenants ?
SV : Pour nos apprenants en situation de handicap, l’IA, c’est magique ! Ça change la vie ! Elle facilite la compréhension et améliore les difficultés de rédaction. Du point de vue des formateurs, l’IA suscite aussi de la curiosité chez les apprenants, qui veulent maîtriser encore davantage l’usage des outils pour compenser leurs besoins et gagner en autonomie.
La contrepartie, c’est la création de nouvelles barrières, car nous ne sommes pas tous égaux face à l’usage de l’informatique. Il faut aussi prendre un peu de recul vis-à-vis des éléments fournis par l’IA. Le gain de temps est indéniable, l’accessibilité progresse, mais il faut encadrer son utilisation.
Ressources supplémentaires
Pour aller plus loin dans les usages de l’IA au service de l’inclusion, voici une liste de ressources. Nous vous rappelons cependant quelques points de vigilance :
- La nécessité de former à l’usage de ces outils, et pas uniquement de les mettre à disposition ;
- La prise en compte des difficultés spécifiques de certains publics, qui peuvent se retrouver en situation d’échec face à ces technologies ;
- L’importance d’un accompagnement humain pour sécuriser et guider les usages.
Outils utiles :
- IA Générative : ChatGPT ou Microsoft Copilot
- Pour un panorama plus complet de toutes les adaptations proposées par CoPilot ainsi que des applications comme Seeing AI, accédez via le lien à un Webinaire Microsoft IA et Accessibilité, organisé par le Centre de Ressources de l’Emploi Accompagné : https://cdr.emploi-accompagne.fr/ressources/webinaire-microsoft-n-4-ia-and-accessibilite
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